Gif Atelier


L'atelier d'écriture de Gardanne se déroule au siège de l'AAI, 35 Rue Borely, 13120 Gardanne
chaque vendredi de 14h à 16h.
Pour contacter l'AAI utiliser l'adresse e-mail : aai.esj@wanadoo.fr ) ou téléphoner au 0442515299

L'atelier d'écriture de la Méjanes d'Aix se déroule chaque jeudi de 10h à 12h à la Mareschale, 27 avenue de Tübingen 13090 Aix-en-Provence (TEL : 04.42.59.19.71 - e-mail Ecrits.Alaai@gmail.com ) et aussi le premier lundi du mois (même heure, même lieu).

L'animation ci -dessous représente l'aspect avant tout ludique de cet atelier gratuit ouvert à tous. Du rire et de la légèreté...

lundi 2 décembre 2013

l'automne de Brigitte

Tarot de Marseille 



La fruitée géographie


Apt est la capitale mondiale du fruit confit ! Mon préféré est la prune, pas trop sucrée, qui rappelle la légèreté de l'air dans la Grand-rue. Son horloge, qui tinte comme deux verres qui trinquent, longue comme l'angélique confite.
 Le Grégoire à la terrasse large comme un melon où tout se passe, les rencontres entre pommes et bonnes poires, les cerises d'un rouge renversé sous une table.
 Ici, les touristes se retrouvent après le marché où ils ont dégusté les huiles d'olive, les
 produits régionaux et prennent l'apéro.
 Les collines, grandes vagues de menthe.
 Le sommet Ventoux qui nous nargue coiffé de son sommet de chantilly .
 Les bories, petits refuges en rectangles de sucre, qu'on pourrait tremper dans le Calavon,
 rivière de café où les canards sont heureux.



Comment réussir à échouer ?


Je ne veux plus vivre dans un lieu inconfortable .

 J'ai fait refaire l'électricité, ça a duré six mois, j'ai vu défiler quatre électriciens, très
 aimables mais ayant le défaut de disparaître au milieu du boulot a faire ! je me suis donc
 bien gelée cet hivers ...
 Pour l'isolation des combles, je n'ai eu qu'un seul artisan qui par contre a reporté le travail
 trois fois, j'ai donc débarrassé l'accès Trois fois, ouf.
 Le menuisier n'a reporté qu'une fois :super-pro !
 La penderie s'est effondrée, j'ai laissé le tas tel quel, ras le bol.
 Je suis partie me reposer deux mois, il fallait au moins ça.
 De retour en forme,je me retrouve "la tête dans les toilettes", la chasse d'eau ne fonctionne
 plus, non ? si si.

 Bien venu chez moi !!!


Une histoire de tarot marseillais

(voir Italo Calvino)

 L'homme s'invita a ma table, tant le bar était bondé. Il m'expliqua par gestes qu'il était muet. Il me montra la carte de L'amoureux, j'en conclut qu'il l'était . Puis Le diable, celui-ci avait du lui causer des problèmes ou  jeter un sort sur sa relation .

 La justice apparut ainsi que La force dont il aurait besoin pour l'obtenir.
 Il invoqua La lune qui fit apparaître Tempérance à ses cotés.
 Le soleil réchauffa leur amour.

 Quand il firent tourner La roue de fortune un chariot leur fut offert et ils purent partir vivre leur amour en paix.

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Le chat de mon fils


                             Ma fifille a le temps
                             Elle passe des heures
                             à lustrer son parement
                             Pour charmer les chats du bonheur

                             Ma fifille aime les gratouilles
                             Elle les réclame de sa petite patte
                             Alors nous on farfouille
                             Ses poils et jamais elle ne se carapate

                             Ma fifille est très noble
                             Du moins semble elle le croire
                             Elle nous toise, c'est un comble
                             De ses yeux ronds où l'on se moire

                             Ma fifille dors beaucoup
                             En n'importe quel lieu
                             Elle a raison, ça vaut le coup
                             S'il y fait chaud, c'est encore mieux .
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Un français expulsé de France !

(inspiré par « un aller simple de Didier Van Cauwelaert)

Ça y est, me voilà dans l'avion qui m'emmène vers l'Inde où je n'ai jamais mis les pieds.
Mes seuls bagages sont un sac à dos où j'ai fourré tout ce que j'ai pu pour mon hygiène, ma santé, quelques fringues et quatre ronds, on ne m'a autorisé qu'un seul sac !
Je vais arriver là-bas sans point de chute, j'espère ne pas être casé dans les intouchables.
Nous atterrissons, l'endroit est assez peuplé. Je marche vers ce qui me semble être le centre ville. J'espère y trouver une sorte de dispensaire ou un local  caritatif ou social. J'ai tout de même de vrais papiers indiens, mince! Je trouve un lieu qu'on ne peut pas vraiment appeler « local ». C'est un petit carré de tôle où un indien qui parait avoir une certaine autorité sur  la population parle au moins indien, anglais et espagnol, pas mal ! Il est aidé par deux personnes en mission humanitaire sociale et médicale. Sihanat me suggère de repasser le lendemain et me donne bon espoir de me trouver un peu de bricolage à faire pour gagner quelques sous et me permettre de m'intégrer.
Pour dormir, il me propose de m'éloigner du centre et de chercher un coin tranquille le mieux serait un buisson. J'obtempère et m'enroule dans ma veste pour la nuit. Vous devez vous douter que j'ai peu dormi !  Le lendemain , je retourne voir Sihanat qui tient ses promesses.

Un an après, je suis serveur dans un restaurant indien, je connais les traditions et commence à m'initier à l'hindouisme. J'ai eu beaucoup de chance mais avant d'en arriver là, j'ai vécu des périodes et des  rencontres difficiles et parfois douloureuses.

Je pense à tous ceux qui étaient dans le même avion que moi et n'ont pas eu la chance de rencontrer Leur Sihanat. J'ai une vie heureuse aujourd'hui mais il restera toujours au fond de moi, la blessure profonde de mon expulsion comme on jetterait du papier toilette usagé.

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Limericks



                            Un bègue de Caen dit des cancans
                            sur toutes les nanas y vivant
                            Il aime les femmes
                            Les appelle "Madame"
                            Adore le sexy french-cancan
                            
                            Il était un mec de Dubrovnik
                            Aussi frileux qu'un gros moustique
                            Il met une parka
                            Presque dans tous les cas
                            Il part au sud par le prochain Spoutnik

                            Il était un mec de Narbonne
                            Qui étudiait à la Sorbonne
                            Financé par son père
                            Il le vivait très pépère
                            Son lit vit même passer la bonne !

                            J'ai rencontré un vieux kanake
                            Qui avait encore la gnaque
                            Il vit comme un jeunot
                            et joue les julot
                            Un jour sa morue lui mit une claque .

                            Elle a toujours habité Bruxelles
                            Son nouveau voisin la harcèle
                            Elle veut fuir de suite
                            Ne pas lui offrir sa fuite
                            Elle le prendra par sa ficelle .

                            Il l'invite à dîner au Ritz
                            Elle se rappelle qu'il s'appelait Fritz
                            Prend les plats les plus chers
                            Il lui a mis les nerfs
                            S'il veut payer ! typique d'un fritz ...
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Mon salon

 En entrant, on s'accroche à la petite marche en bois, on trébuche, on se redresse et on voit plein de meubles dépareillés. D'abord, le canapé de ma mère en velours marron clair. Il faut compter quinze à vingt minutes pour le transformer en lit, comme quoi il n'est pas convertible mais transformiste. Une fois qu'on l'a ouvert, il reste quinze centimètres entre le canapé et le bureau. Sont éparpillés six petits coussins marrons. Les murs sont ocres-jaunes. Ensuite, une étagère supportant la plante, la boite à bijoux, les bouquins etc. Devant, le chauffage de secours a gaz recouvert d'une grande lirette et servant aussi d'étagère y règne une rampe électrique pour charger : téléphone, cigarette, baladeur, appareil photos et autre ... C'est Orly : voyants rouges, verts, bleus. Puis l'espace pour l'étendoir qui voyage beaucoup. Dans le coin, les radiateurs et la vieille télé de Rolland. Sur ce mur deux scrackbooking (le deuxième à finir).
On tourne, nous voilà face à la porte-fenêtre d'où on voit un balconnet où on peut caser deux chaises . Il y a une tringle à rideau depuis peu, posée par le plombier. La salle de bain, on tourne encore, voici le bureau, lieu de passage pour les objets à la recherche d'une place. Dans ce coin là, l'étagère à cd et le meuble bas de bricolage, dessus, une minichaîne à trois euros qui clignote tout le temps la mauvaise heure. La psyché que les déménageurs ont cassé et que J-M réparera un jour. La télé qui s'éteint quand elle est fatiguée et se rallume seule. A gauche, l'alcôve qui ouvre sur la chambre, grand rideau marron. Au milieu, une table de salon que l'on n’a plus vu depuis longtemps, elle est pleine en permanence, c'est mon lieu de vie, mon sac est posé parterre contre le canapé en entrant. Un pouf en osier pour les petits poids et le gros fauteuil assorti au canapé. Dernier coin : étagères pleines à craquer de cadeaux, souvenirs, déco.
Je les aère un peu en transférant certains objets sur les scrackbookings.
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Jacques part à la guerre

 C'est aujourd'hui. Fanny s'est levée très tôt pour bien vérifier son barda, ses réserves de victuailles . elle lui a préparé un énorme petit déjeuner. Maman est assise prés de la fenêtre et se prépare à le regarder partir. Personne n'ose parler, l'atmosphère est pesante. Que dire ?        L'armée lui a fourni des bandes molletières, un uniforme. Jacques est une bleusaille, c'est la première fois qu'il porte tout ça. Il est terrorisé à l'idée de se trouver face à des boches. Il n'ose pas le dire à Fanny qui parle déjà de sa prochaine permission. Il s'embrassent fort et longtemps tous les trois en chuchotant des promesses de retour, de projets, d'éternité ...
 Elles le regardent de la fenêtre, partir à pieds vers la gare jusqu'à ce qu'il disparaisse de l'horizon. Puis elles tombent dans les bras l'une de l'autre et pleurent,  Longtemps ...
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À la campagne 

  
On entre par la petite véranda qui est aussi l'atelier de couture. À droite l'entrée de la grande salle de séjour où trône une grande table et au fond une cheminée.
Tout droit au fond, la petite cuisine sous le toit où une poutre basse au dessus de l'évier faisait que ma tante s'y cognait souvent la tête. Je passais le jaune d'œuf sur les croquants qu'elle confectionnait avec art.
À droite de la grande salle se trouvent la salle de bain et un escalier vertigineux qui nous  conduit aux chambres et encore plus bas, une petite porte nous amène au fond du garage.
Dans ce recoin sur des chiffons, s'est produit une chose qu'on voit rarement, Pénélope, la chatte angora mettait bas et Pupuce la toute petite chienne léchait soigneusement les chatons à mesure qu'ils venaient au monde. Ça a été pour moi un spectacle merveilleux et inoubliable !

Nous sortons dans la cour par le garage. Quand on sort par la véranda, il y a des escaliers collés au mur qui descendent à la cour. La rampe est couverte de rosiers grimpants qui font un rideau de verdure taché de rouge, de jaune et de rose. Le gravier porte les marques de la dernière partie de boules.
Sur la droite, en bas du chemin, un prunier qui a l'habitude d'être secoué donne des reines-claudes succulentes natures ou en tartes. En face, une terrasse et un banc en pierres plates construit en rond autour d'une table faite de planches de bois. La table est ronde aussi et accueille en son milieu le tronc d'un tilleul dont l'ombre rafraîchit ce lieu calme et paisible . De là, on voit la colline qui descend vers Apt en ondulant. L'endroit est serein, amène au repos, à la discussion intime.
Sous nos pieds, les H L M à lapins ( les pauvres ). On voit aussi le champs de tomates. On les appelle des olivettes . Elles contiennent la tiédeur de l'après-midi et sont succulentes mangées assis dans la terre, entre les plants.
Quand on quitte ce lieu, on sait qu'on y reviendra car les souvenirs de parfums, de goûts, de plénitude, de beauté, nous ne les oublierons jamais.


M-V . Brulong